Lydie

Voici le témoignage de Lydie, membre de l’équipe de 4 personnes qui gèrent ce blog.

L’apparition des acouphènes

En 2021, à mon réveil, j’ai entendu un vrombissement/ soufflerie, son métallique en continu dans mon oreille de gauche. Je me disais que c’était sans doute la fatigue, une mauvaise position et que ce bruit n’allait pas rester. Le soir, toujours ce bruit, 1, 2 puis 3 jours … ce bruit ne cessait pas. Il s’est intensifié jusqu’à le ressentir aussi dans le côté droit.
Mes nuits étaient devenues catastrophiques, et pendant mes journées, je redoutais déjà d’être le soir. Un cercle sans fin. Il m’arrivait d’imaginer le pire, de me dire que je ne pourrais pas vivre avec ce bruit. Que c’était impossible de vivre ainsi.

Mon parcours

Alors, j’ai passé des nuits à chercher sur internet, à essayer de comprendre ce qu’il m’arrivait. J’ai été rapidement consulter mon médecin généraliste puis un ORL. Audiométrie normale, et aucun signe clinique visible. Je ressortais de chez l’ORL avec des corticoïdes. Il m’a indiqué que dans 90% des cas, on ne connait ni la raison, ni la solution. J’étais désemparée et avec un sentiment de solitude extrême. Je n’ai pas supporté le traitement car n’ayant pas l’habitude de la cortisone, j’étais devenue une pile électrique. Le bruit dans mes oreilles était si fort. Je ne dormais plus, et je passais mes journées à pleurer. J’ai continué à aller travailler, et je tenais grâce à mon entourage.
Ce bruit était devenu une obsession, je lisais partout qu’il n’y avait aucune solution ni traitement pour les acouphènes. C’est à ce moment que j’ai commencé à sombrer dans un état de panique et de souffrance psychologie et physique. Ce sentiment d’être seule face à mon problème. Qui plus est, il n’y avait pas de bouton « stop » pour me permettre de prendre du recul.
J’ai de nouveau consulté un autre ORL à 70 Km de mon domicile. Diagnostic similaire que le premier, et sensiblement les mêmes paroles. Il m’a prescrit tout de même une IRM des CAI (conduits auditifs internes), pour écarter certaines pistes. Je devais alors patienter 2 mois. Aucune anomalie visible n’a été détectée à l’issue des résultats. Je devais de nouveau rencontrer l’ORL pour son compte rendu, il le découvrit en le lisant devant moi, et tenu les propos suivants « Tout va bien, il n’y a rien, il faut juste apprendre à maitriser son stress, il y aura des hauts et des bas. Il faut apprendre à vivre avec ». Ok, j’ai donc parcouru 140 Km aller-retour pour entendre ça ! L’entretien a duré moins de 5 minutes montre en main. Et, je savais que le stress n’était pas la raison de mes acouphènes.
J’avais toujours ce sentiment que ce qui était en train de m’arriver, ne correspondait pas à tout ce que je pouvais lire. Je n’avais pas fait l’objet de choc sonore, pas davantage de stress, je n’avais pas pris d’avion ni fait de plongée sous-marine. J’ai alors fait le rapprochement avec ma seconde injection PFIZER effectuée, et j’ai essayé de l’évoquer à différentes reprises auprès de professionnels de santé (angiologues, etc..), qui restaient totalement fermés à cette hypothèse.
En novembre, mon médecin traitant étant démuni et sans solution face à mon état de santé, m’a donc prescrit un arrêt de travail de 3 semaines. J’ai alors posté un message sur Twitter, une bouteille à la mer, je souhaitais savoir si quelqu’un d’autre, était dans ma situation. Si quelqu’un souffrait aussi d’acouphènes suite à la vaccination anti-COVID. Je ne voulais plus me sentir SEULE. (nb : c’est en Janvier, où Ben (le créateur de ce blog) m’a contactée et nous avons ensuite échangé. Nous vivions la même situation, avions les mêmes ressentis, et le même vécu).

Mes différentes approches afin de soulager mes acouphènes

J’ai également en parallèle consulté étiopathe, ostéopathe, naturopathe, acupuncteur, kinésiologue et praticien en hypnose SAJECE.
Il m’était tellement difficile de prendre du recul dans cette situation, j’aimais profondément le silence, me retrouver dans une pièce au calme, lire, …
Ces rendez-vous ne m’ont pas guéri des acouphènes mais ils m’ont permis de mieux vivre avec et quelque part d’accepter qu’ils fassent désormais parti de mon quotidien.
Grâce à l’aide de la kinésiologie par exemple, j’ai compris que mon corps m’alertait et que je devais en prendre en soin, et que je ne devais plus lui faire subir une nouvelle injection. Mon corps me faisait entendre ce que je ne voulais pas écouter.
L’hypnose quant à elle, m’a apporté un lâcher prise, et un mieux-être. J’ai ressenti une réelle différence. Depuis cette séance, j’ai commencé à retrouver de l’énergie, une nouvelle force … et ainsi diminuer mon obsession face à mon problème. (Nb : Il existe différentes méthodologie en Hypnose, j’ai choisi celle « SAJECE ». Il s’agit d’une méthode douce et bienveillante).
L’acupuncture, qui consiste à travailler les méridiens, a dans un premier temps, accentué mes acouphènes, pour ensuite, les diminuer. (Légèrement).
Mes différentes visites auprès de spécialistes m’ont plus que déçue. J’aurais aimé qu’un ORL prenne le temps de m’expliquer ce qu’il m’arrivait, prenne le temps de répondre à mes inquiétudes. Le discours « il faut vivre avec, c’est difficile mais il n’y a pas de solution» était difficilement audible surtout sans prise en charge. Le soutien de mes proches a été primordial face à ce manque d’accompagnement/d écoute des professionnels de santé spécialistes. Ma frustration se porte également sur le manque total de reconnaissance de cet effet secondaire.

Comment je vais aujourd’hui

Aujourd’hui, j’ai toujours ce bruit permanent, et j’ai toujours parfois du mal à vivre avec, il y a du mieux c’est évident, mais le chemin est encore long. J’ai traversé une période très difficile pendant les premiers mois d’apparition des acouphènes. Je vais dans l’ensemble mieux, et je garde espoir ! Ma vision de la vie a beaucoup changé, je n’accorde plus autant d’importance à certaines choses, et je profite davantage. Je ne remets plus au lendemain quelque chose dont j’ai envie ! C’est important de se faire plaisir, et de s’écouter, même si le moral n’est parfois pas là !

Lydie